Thématiques : Développement des enfants et jeunes | Diversité & Inclusivité | Diversité religieuse | Pratiques non discriminantes | Racisme
Formats : Animation débats ou interviews | Conférences | Expositions | Films / Documentaires | Jeux / Fresques | Prévention | Sensibilisation

Ali Guessoum

Ali Guessoum est un artiste et designer engagé, qui met son talent graphique et narratif au service de la justice sociale et de la mémoire collective. À travers des créations percutantes et des projets pédagogiques, il sensibilise aux discriminations et à l’héritage colonial en alliant humour, détournement visuel et profondeur historique. Fondateur de l’association Remembeur, il développe des outils créatifs comme le jeu Les Discris-Minis, visant à éveiller les consciences dès le plus jeune âge. Son approche artistique, à la croisée du politique et du sensible, fait de lui un acteur clé du récit et de la transmission des luttes pour l’égalité.

Découvrir son histoire

“Dans les histoires, il y a de l’universalité, on touche tout le monde.”

Artiste et designer engagé en faveur de la justice et de la dignité, Ali Guessoum utilise l’art et l’écriture pour éveiller et rassembler le monde entier derrière des valeurs communes.  


Né en Algérie, Ali a vécu une enfance empreinte de simplicité, rythmée par les saisons et les récoltes. À 7 ans, il connaît le déracinement : quitter sa terre natale pour découvrir un Paris urbain, où le froid, les immeubles oppressants et le choc culturel marquent profondément son regard. Dès l’école, il est confronté au mépris raciste de sa professeure alors qu’il récitait un poème devant les élèves. Une douleur qui façonnera son futur engagement.

Ali fait partie de cette génération qui a battu le pavé et qui a œuvré pour la justice et la dignité dans les années 80. Il a connu la Marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983 et quelques années plus tard, en 1986, sa prise de conscience sur l’expérience commune du racisme se renforce avec la mort de Malik Oussekine en 1986 alors qu’il était étudiant en sociologie. 


À cette époque, la musique, en particulier la funk et les productions de la Motown, devient un puissant vecteur d’expression, permettant à la fois de rompre avec les attentes familiales et de s’affirmer pleinement dans un univers à la croisée du politique et de l’artistique. Influencé par des artistes, comme Rachid Taha et son groupe de rock “Carte de Séjour”, l’humoriste Smaïn, le groupe Zelda, ou d’autres récits porteurs de valeurs communes, comme les films italiens qui font écho aux réalités des familles nord-africaines, il développe une sensibilité aiguë à la production artistique comme vecteur d’universalisme.

“Par la mécanique du récit, on utilise la créativité et l’art pour rentrer dans les chaumières des français·es, c’est puissant !”


Quelques années plus tard, il arrête ses études de sociologie et se retrouve à travailler comme directeur artistique et graphiste. Adepte du second degré, il détourne les symboles avec humour pour sensibiliser. De l’Orchestre National de Barbès aux campagnes de sensibilisation avec ATTAC, il mêle créativité et engagement pour raconter des histoires collectives, marquées par le racisme, l’héritage colonial et la mémoire maghrébine.


Fondateur de l’association Remembeur, il perpétue la mémoire de la marche de 1983, organise des expositions et initie des projets pédagogiques innovants, comme le jeu Les Discris-Minis, pour éveiller les consciences des plus jeunes à l’inclusion et au respect. Ses créations, empreintes d’humour et de profondeur, sont une déclaration d’amour aux récits humains, une invitation à l’écoute et à l’empathie.
Ali Guessoum incarne la résistance face aux injustices et l’héritage d’une mémoire collective, en donnant à chaque combat une voix et une image forte.


Pour lui, « Les mots et le style sont importants car ils représentent une façon d’honorer les sujets ».